lundi 20 janvier 2014

Emotion Planet : Tourisme à dimension humaine

Emotion Planet est né d’un voyage entre potes au Maroc, du coup de foudre de Jean-François Delvaulx pour l’Equateur et de son attachement viscéral à l’Afrique. Aujourd’hui, il propose des voyages « à dimension humaine » dans une quinzaine de destinations sur quatre continents.

Architecte de formation, Jean-François Delvaulx part à la fin de ses études, après une année de stage au Québec, avec sept condisciples en direction du sud. Leur but ? Parcourir le Maroc, traverser le Sahara, rejoindre le Mali et y revendre les deux voitures qui les transportent. En chemin, ils rencontrent d’autres routards et sympathisent.

Jean-François Delvaulx
fondateur d'Emotion Planet
Cette première expérience fin 2000, lui donne envie de repartir sac au dos, seul cette fois. En 2002, il s’embarque pour l’Amérique du Sud, avec l’intention de faire le tour du continent. Mais arrivé en Equateur, il tombe sous le charme du pays. Il y reste six mois. « J’ai commencé par organiser des voyages pour ma famille, pour mes amis et puis, petit à petit, pour des inconnus », se souvient Jean-François. « Comme voyager, faire des rencontres et organiser, c’est tout ce que j’aime, j’en ai fait mon métier. »
A peine rentré en Belgique, il repart donc en Equateur, où il passera finalement trois ans. A Quito, il monte une agence tout ce qu’il y a de plus officielle : Emotion Planet. « J’étais un réceptif, comme on dit dans le jargon touristique. Mais avoir un pied en Belgique, un pied en Equateur, est devenu difficile. J’ai fermé Quito et j’ai créé Emotion Planet à Bruxelles. »

Le guide reste en retrait
« Le plus important, chez Emotion Planet, c’est la dimension humaine, que l’on retrouve à travers les transports, les activités, le logement et les repas. L’idée, c’est qu’au bout du voyage, le voyageur ait une connaissance globale, personnelle et en profondeur du pays visité. Connaître à la fois le peuple, la nature et la culture. Pour cela, il faut voir moins mais plus en profondeur. Sur un circuit de quinze jours, on essaie de se limiter à maximum sept étapes. »
« On prend son tempsOn respecte le rythme de chacun. Le guide reste en retrait du voyageur. Il propose les activités, mais ne les impose pas. Il est là pour le conseil et la logistique avant tout, et davantage si les voyageurs le souhaitent. » Jean-François Delvaux se lance alors dans la comparaison de l’enfant qui apprend à marcher : « Si les parents sont tout le temps là à lui dire ce qu’il doit faire, ça n’ira pas. L’enfant apprendra plus vite et ira plus loin si les parents se tiennent juste en retrait, prêts à intervenir. On apprend ce qu’on expérimente soi-même ! »
Différentes formules sont proposées par l’agence : la formule de base, « Découverte », axée sur une expérience globale, approfondie et personnelle ; le voyage à thème, qui ajoute un fil rouge (les huiles essentielles, le désert, etc.) à la formule de base ; « Au gré du vent », qui consiste en un « voyage organisé non organisé », où l’improvisation (toujours avec un guide) est de mise ; la formule « Immersion », où l’on reste quelques jours chez l’habitant et la formule « En liberté », sans guide, avec juste un carnet de route précis.




La bonne énergie de l’Afrique
A qui s’adresse ce genre de voyage ? « A monsieur et madame Toulemonde. Il y a toujours une formule qui correspond. Nous avons principalement trois types de clients : les familles avec enfants, les couples de retraités et les célibataires, surtout des femmes. Hé oui, nous avons pas mal de demandes de voyageurs ‘singles’ et proposons ainsi des petites annonces de co-voyageurs sur notre site pour garantir le départ. » Les départs ne sont en effet garantis qu’à partir de deux ou quatre personnes, selon les destinations, la taille du groupe étant, elle, limitée de six à douze voyageurs (six pour la Mongolie, par exemple, question de place dans la yourte).
Point de vue des destinations, ce n’est pas le choix qui manque : Equateur, bien sûr, mais aussi Québec, Mexique, Costa Rica, Pérou, Bolivie, France, Maroc, Tunisie, Ghana, Bénin, Tanzanie, Madagascar, Mongolie et Vietnam. A ces quinze destinations vont probablement s’ajouter en 2014 la Turquie, le Togo et le Burkina Faso.
L’Afrique est bien représentée dans cette liste. Et il y a une raison : « J’ai passé toute mon enfance au Congo jusque l’âge de quasiment six ans. J’ai peu de souvenirs conscients, mais je sens que beaucoup de choses sont là, en moi. J’adore l’Afrique, sa terre, son odeur, ses gens… Elle m’apporte de l’énergie et j’ai besoin d’y retourner de temps en temps », raconte le fondateur d’Emotion Planet. 

Une licence officielle d’exploitation
Jean-François Delvaulx n’a pas encore eu le temps de visiter lui-même certains pays, « mais je connais personnellement tous mes partenaires », précise-t-il. Des partenaires justement rémunérés, bien évidemment, puisqu’Emotion Planet souscrit aux principes du commerce équitable. Les petites structures et les transports publics sont favorisés. Les circuits et séjours sont conçus de manière à nous inviter à réfléchir sur nos habitudes de consommation. « Et 5 % de nos bénéfices sont reversés à une école-garderie à Otavado, dans le nord de l’Equateur », ajoute Jean-François.
La petite taille des groupes et un tourisme durable n’empêchent pas le professionnalisme. Emotion Planet dispose depuis 2011 d’une licence d’agence de tourisme ainsi que tous ses partenaires, chose plutôt rare sur un marché dominé par l’associatif. « Cela permet à nos clients de bénéficier du fonds de garantie en cas de pépin, par exemple en cas de faillite », explique le fondateur d’Emotion Planet.« Je commence aussi à collaborer avec certaines agences de voyages belges, que je commissionne en cas de vente d’un de nos circuits. Je peux le faire parce que, justement, j’ai la licence. En réalité, je suis plus un petit tour opérateur qu’une agence. »
Des difficultés, Emotion Planet en a connues, même si Jean-François Delvaulx n’a pas le recul nécessaire pour pouvoir les imputer à la crise. « 2012 a été une très mauvaise année : nous avons perdu 60% de notre clientèle. Mais en 2013, nous sommes revenus au niveau de 2011, avec 150 voyageurs sur l’année. »



La concurrence d’internet
Sa plus grosse concurrence n’est pas le secteur associatif, mais internet. « Les gens organisent eux-mêmes leur voyage. Ils partent en direct. Nous rajoutons une plus-value mais, tant qu’ils ne l’ont pas expérimenté, les voyageurs ne peuvent pas le comprendre. Il arrive aussi que des gens me demandent un devis, puis, l’ayant reçu, m’annoncent qu’ils ont trouvé ailleurs. C’est pourquoi je ne fais quasiment plus de sur mesure. J’adapte ce qui existe en fonction des demandes des voyageurs. »
Malgré tout, Jean-François Delvaulx croit en l’avenir du tourisme alternatif : « Je sens qu’il y a une demande. Les gens veulent plus d’authenticité et d’humain. Il va y avoir de plus en plus de voyages alternatifs, et pour tous les goûts. Cela va toutefois rester un marché de niche car les vrais voyages authentiques ne sont pas assez rentables pour les gros opérateurs. De 5 % des voyageurs intéressés aujourd’hui par un tourisme alternatif à dimension humaine, on peut passer à 30 %, mais pas plus. Ça va se développer mais ce sont surtout les voyages en direct qui vont en profiter. »
Avec sa quinzaine de destinations et une antenne en France (30% de la clientèle est française), Emotion Planet a de quoi répondre à la demande. Pas trop de nouvelles destinations en vue : « Il faut approfondir celles qu’on a déjà », répond Jean-François.

François Hubert, pour le Trade for Development Centre, janvier 2014.


Photos : Copyright Emotion Planet

Emotion Planet
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+32 (0)473.66.84.66
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